1. Quelle est la position du RSE quant à la théorie de l'évolution ?

En tant que réseau professionnel, le RSE attache une grande importance à la qualité des travaux présentés dans le cadre des manifestations qu'il organise. C'est pourquoi nous veillons à ce que chacun s'exprime dans son champ de compétence professionnelle, en respectant les apports spécifiques des autres disciplines: c'est une condition nécessaire pour qu'un dialogue interdisciplinaire fructueux puisse s'établir, dans lequel scientifiques, philosophes et théologiens réfléchissent ensemble aux implications de la science pour la foi. Appliqué à l'évolution, ce principe méthodologique nous amène à prendre pleinement en compte le fait que le (néo-)darwinisme est la théorie cadre de la biologie moderne. Il est insatisfaisant, comme certains croyants s'y emploient, de contester le sérieux et l'honnêteté de milliers de biologistes adoptant l'évolution comme explication de la diversité des êtres vivants. Nous croyons plutôt nécessaire de prendre acte du consensus de la communauté scientifique et de ne pas éviter les interrogations que l'évolution suscite dans une perspective chrétienne. En même temps, nous refusons le terrorisme intellectuel que font régner les idéologues évolutionnistes: un travail scientifique honnête doit aussi reconnaître les limites de l'évolution et des questions qui restent (encore ou pour toujours) ouvertes. En particulier, la théorie biologique de l'évolution ne doit pas servir à élaborer une vision globale du monde et de l'homme qui exclurait toute action surnaturelle et tout dessein extérieur à l'humanité. Inscrit dans le mouvement évangélique et dans la diversité interne de celui-ci, le RSE est conscient du fait que tous les évangéliques n'adoptent pas la même attitude envers le darwinisme. Nous accueillons avec bonheur cette diversité, alors que nous nous savons unis dans notre foi au Créateur et dans notre amour de la science. Le RSE n'a pas vocation à servir de plateforme pour des positions qui prendraient des distances avec les Écritures d'un côté, ou qui fermeraient les yeux devant les données scientifiques de l'autre.

Lydia Jaeger

 

2. Quels "scientifiques" peuvent faire partie du RSE ?

Le RSE s'intéresse aux sciences de la nature (physique, chimie, biologie, géologie...), y inclus les mathématiques. Il est ouvert à tous ceux qui ont un intérêt professionnel dans ces domaines: chercheurs, enseignants (universitaires et du secondaire) et étudiants de ces filières. Philosophes et théologiens sont également les bienvenus. La qualité du dialogue interdisciplinaire que nous espérons engager au sein du réseau vivra de l'apport compétent de chacun en accord avec son champ professionnel. Les manifestations du RSE s'adressent à ce public spécialisé. D'autres personnes intéressées peuvent nous rejoindre à ces occasions, à titre ponctuel, si elles pensent pouvoir tirer profit de nos discussions.

Les sciences de la nature constituant le cœur du champ d'intérêt du RSE, des représentants de filières scientifiques proches (psychologie, médecine, ingénierie...) sont invités à nous rejoindre dans la mesure où ils sont concernés par les questions suscitées par les sciences de la nature. Ainsi, nous nous intéressons, par exemple, aux enjeux de la recherche médicale, mais laissons la réflexion sur la pratique clinique à d'autres plus compétents que nous. Là où ils n'existent pas encore, nous sommes disponibles pour soutenir la constitution de réseaux professionnels évangéliques similaires au nôtre. En particulier, nous appelons de nos vœux la création d'un réseau en sciences humaines et d'un réseau de philosophes évangéliques.

Lydia Jaeger